Plugins ChatGPT et Claude : présent n'est pas cité
Fin des GPT personnalisés, annuaire de plugins chez Claude, classement des plugins chez OpenAI. Un plugin de marque ne dit pas si l'assistant vous cite.
Le 25 septembre 2026, Anthropic a publié un billet intitulé « Build plugins for Claude » et ouvert un annuaire où figurent les plugins approuvés. Quatre jours plus tard, dans le récapitulatif de son DevDay, OpenAI glissait une phrase qui concerne les directions commerciales plus que tout le reste : l'entreprise améliore la façon dont elle classe et recommande les plugins, dans l'annuaire comme dans les conversations. Le mouvement avait commencé le 11 septembre, quand les notes de version de ChatGPT ont annoncé la fin programmée des GPT personnalisés et leur migration vers les plugins. En trois semaines, les plugins ChatGPT et leur équivalent chez Claude sont devenus la porte officielle par laquelle une marque entre dans l'assistant.
Entrer dans l'assistant n'est pas être cité par lui. Dit comme ça, la distinction paraît évidente. Dans un tableau de bord, elle disparaît très vite. Voici le mécanisme, et la façon de garder les deux chiffres dans deux colonnes.
Un plugin de marque, ce sont trois pièces que vous contrôlez
Un plugin de marque est un paquet qu'une entreprise publie pour que l'assistant utilise, à la demande, ses consignes, ses documents et ses systèmes. C'est votre logiciel, qui tourne dans l'interface de quelqu'un d'autre.
La procédure de migration décrite par le centre d'aide d'OpenAI en montre les pièces une à une. Les instructions du GPT deviennent une skill. Ses fichiers de connaissance deviennent les fichiers de référence du plugin. Ses applications connectées restent des applications. Les actions personnalisées, elles, ne suivent pas : si votre GPT interrogeait un ERP ou une grille tarifaire, il faudra reconstruire la liaison, sans doute avec un serveur MCP.
Chez Claude, la définition est presque la même. Le billet d'Anthropic décrit les plugins comme des ensembles de connecteurs MCP, d'Agent Skills, ou des deux. Les développeurs abonnés à une offre payante peuvent les soumettre, et ceux qui sont approuvés apparaissent dans l'annuaire.
Ce que l'assistant doit faire, ce qu'il doit lire, ce qu'il peut appeler : les trois pièces sont à vous. Aucune n'est l'opinion que le modèle se fait de votre entreprise.
Un plugin ne fait rien tant que personne ne l'a.
Il y a trois portes d'entrée. L'utilisateur l'installe depuis l'annuaire. Il le reçoit d'un collègue, ou de vous. Ou l'assistant le lui propose au fil d'une conversation, ce que vise justement la phrase d'OpenAI sur les recommandations « dans les conversations ». Même alors, c'est l'utilisateur qui décide : OpenAI précise que chacun garde la main sur les plugins qu'il utilise et approuve l'accès de chacun d'eux. Chaque application connectée demande en plus sa propre autorisation.
Une fois installé, un plugin peut se déclencher sans être appelé par son nom. La FAQ de migration d'OpenAI indique que ChatGPT peut utiliser automatiquement une skill installée quand sa description correspond à la demande, sans que ce soit systématique. Retenez cette phrase : c'est elle qui faussera vos tests.
Pourquoi les plugins ChatGPT ne sont pas de la visibilité organique
La visibilité organique, c'est ce que l'assistant dit de votre marché quand personne n'a rien installé. Un acheteur demande « fabricants de vannes inox pour l'agroalimentaire », le modèle puise dans ce qu'il a appris et dans ce qu'il récupère sur le web, et votre entreprise est citée, ou ne l'est pas. Vous n'avez pas écrit ces mots. Vous pouvez travailler les sources que le modèle lit, et mesurer le résultat.
La réponse d'un plugin est le cas inverse. Les mots viennent de votre skill et de vos fichiers, dans une conversation où l'utilisateur vous a déjà choisi. Elle répond à une autre question : celui qui travaille avec nos outils y trouve-t-il ce qu'il cherche ?
Entre les deux, un troisième objet brouille les pistes : le plugin que l'annuaire ou la conversation met en avant. C'est un placement dans un catalogue que la plateforme ordonne selon des critères que ni OpenAI ni Anthropic n'ont publiés, plus proche d'une vitrine d'app store que d'une réponse.
Nous avons tracé la même frontière pour la publicité dans ChatGPT : ce qui est cité, ce qui est acheté. Le plugin la déplace à l'intérieur de la conversation. Il ne l'efface pas.
Pour un client français, le plugin répond en français
La loi Toubon impose l'emploi du français dans la désignation, l'offre, la présentation et le mode d'emploi d'un produit vendu en France. Un plugin qui renvoie à un client français des fiches techniques en anglais pose donc à l'écran la même question que le catalogue papier, et votre service juridique la posera avant votre client.
Concrètement, cela touche les trois pièces du plugin. Les consignes de la skill doivent dire dans quelle langue répondre, et pas seulement « dans la langue de l'utilisateur ». Les fichiers de référence doivent exister en français, relus, et non traduits à la volée par le modèle au moment de la réponse. Les applications connectées, configurateur ou grille tarifaire, doivent renvoyer des libellés français.
La même logique vaut pour la mesure, dans l'autre sens. Si vos acheteurs posent leurs questions en français, la visibilité organique se mesure en français. Une marque bien citée en anglais peut être absente des réponses françaises, parce que les sources que le modèle va chercher ne sont pas les mêmes d'une langue à l'autre.
Mesurer sans se tromper de colonne
Le risque concret, c'est le test contaminé. L'équipe marketing construit le plugin, l'installe sur ses propres comptes pour l'essayer, puis fait la vérification habituelle : cinq ou six questions d'acheteur tapées à la main. ChatGPT reprend la skill installée, la marque apparaît partout, et l'on conclut que la visibilité a progressé. Pour un acheteur qui ne vous connaît pas, rien n'a changé. C'est la limite de tout contrôle manuel, détaillée dans Surveiller sa marque dans ChatGPT : le test qui compte, et le plugin l'aggrave.
Quatre règles tiennent les colonnes séparées.
- La visibilité organique se teste depuis un compte propre : aucun plugin installé, mémoire désactivée, une conversation neuve par question.
- Le plugin se mesure de votre côté. Chaque appel arrive sur le serveur MCP que vous exploitez, qui le journalise. L'annuaire de Claude indique aussi combien de fois votre fiche est consultée et quelles recherches y mènent.
- Une recommandation du plugin est un événement à part. Si l'assistant propose votre plugin dans une conversation, notez-le comme un placement, pas comme une citation de la marque.
- Jamais un seul chiffre pour les deux. Un score qui mélange les réponses écrites par votre skill et celles écrites par le modèle compte votre plugin deux fois.
PSentry se tient entièrement dans la première colonne. Il envoie ses questions à ChatGPT, Claude, Gemini et Perplexity par leurs API, sans aucun plugin, deux fois par mois, dans chaque langue suivie. Il enregistre ce que les modèles disent de votre marché quand personne ne les a orientés, et ne voit pas votre plugin : ni son usage, ni sa place dans un annuaire. C'est une limite, et c'est la bonne pour cette question.
Reste le calendrier, pour qui a construit un GPT avec son catalogue. OpenAI fixe au 11 décembre 2026 le retrait des GPT personnalisés, au 11 février 2027 pour les espaces Enterprise qui ont obtenu un report. Seule la dernière version publiée migre, et le plugin obtenu démarre en privé : les distributeurs qui utilisaient le GPT devront être invités à nouveau.
Construisez le plugin si vos clients s'en serviront. Mesurez la visibilité organique, parce que les clients que vous n'avez pas encore ne s'en serviront jamais.