Les sources de Claude sur les questions fournisseurs

Les sources de Claude sur les questions fournisseurs

Dans nos données, Claude cite des sources dans 97 réponses sur 100, mais puisées dans un cercle de sites plus étroit. Et en français, le .com pèse lourd.

« Claude ne cherche rien, il répond de mémoire. Ses sources ne vous apprendront pas grand-chose. » L'objection tient la route, et nous l'avions presque formulée nous-mêmes dans un article sur la surveillance d'une marque sur Claude, où nous le décrivions comme un assistant qui s'appuie surtout sur ce qu'il a appris à l'entraînement. Le 20 octobre 2026, nous l'avons confrontée à nos propres données : quelles sources de Claude apparaissent quand on l'interroge sur des fournisseurs, combien, et de quels sites. Une moitié de l'objection est tombée. L'autre a tenu.

La base d'abord. PSentry conserve chaque réponse qu'il collecte : entre le 13 décembre 2025 et le 20 octobre 2026, 17 719 réponses de ChatGPT, Gemini, Claude et Perplexity, obtenues par les API des éditeurs, avec 166 524 URL de sources. Claude en représente 3 904, dont 1 156 à des questions posées en français. Ces questions sont celles que suivent les clients de PSentry, surtout dans les services B2B et l'industrie. Ce sont des questions d'acheteur, pas un échantillon de tout ce qu'on demande à Claude.

Des sources dans 97 réponses sur 100

Claude a donné au moins une source dans 97 réponses sur 100. Perplexity, l'assistant qu'on associe d'emblée aux sources visibles, dans 94. Gemini dans 56 sur 100, ChatGPT dans 44. Claude est aussi celui qui en joint le plus par réponse : 12,4 en moyenne, contre 11,6 pour Perplexity, 10,3 pour Gemini et 3,9 pour ChatGPT.

La documentation d'Anthropic sur l'outil de recherche web éclaire ce résultat. Quand l'outil est disponible, c'est Claude qui décide de chercher, et parmi les cas prévus figurent les informations sur des organisations, des personnes ou des produits précis qui ont pu changer. « Quel sous-traitant en usinage de précision dans la vallée de l'Arve ? » entre exactement dans cette case. La même page précise que les citations sont toujours activées pour la recherche web.

Une réserve, et elle compte. Nos réponses passent par l'API, et PSentry interroge Claude Haiku 4.5, le modèle compact publié par Anthropic le 15 octobre 2025. L'application qu'ouvre votre acheteur peut utiliser un autre modèle, avec ses propres consignes. Ce qui tient est plus étroit : posée à Claude par l'API avec la recherche disponible, une question sur des fournisseurs revient presque toujours avec une liste de sources.

En français, le .com pèse plus qu'on ne croit

Quand la question était en français, 36 sources de Claude sur 100 venaient d'un domaine .fr et 51 d'un .com. En italien, la proportion s'inverse : 55 sources sur 100 en .it, 35 en .com. En anglais, 80 sur 100 étaient des .com.

Le français est donc la langue de notre échantillon où le domaine national pèse le moins face au .com, en dehors de l'anglais. Une raison plausible, que nos chiffres ne permettent pas de vérifier : le français n'est pas un pays. Une question en français peut venir de Lyon, de Liège, de Lausanne ou de Montréal, et sans autre indication, la langue seule ne désigne pas un marché. Notre décompte ne distingue que le .fr comme domaine national. Les sites en .be, .ch ou .ca sont rangés avec le reste, et nous ne savons pas quelle part ils représentent.

Pour un fournisseur français qui vend en Belgique ou en Suisse, la conséquence est pratique : une présence solide sur des sites .fr ne dit rien de ce que Claude lit pour un acheteur wallon. Si ce marché compte pour vous, testez des questions qui le nomment.

Plus de sources, puisées dans un cercle plus étroit

C'est là que l'objection survit, sous une autre forme. En français, les réponses de Claude contenaient 15 146 sources issues de 2 254 domaines distincts, soit environ sept citations par domaine. Perplexity en était à environ trois. Le schéma est le même en italien et en anglais. Claude cite beaucoup, mais revient souvent aux mêmes endroits. Un cercle étroit est plus difficile à rejoindre. Le site qui y entre, lui, réapparaît dans de nombreuses réponses.

Les annuaires B2B et sites d'avis (Europages, Kompass, Sortlist, Clutch, G2, Trustpilot, Capterra, GoodFirms, DesignRush) pèsent davantage chez Claude qu'ailleurs en français : un peu moins de 4 sources sur 100, contre environ 2 et demie pour Perplexity et à peine plus d'une pour Gemini et ChatGPT. Wikipédia, marginale partout, atteint chez Claude en français son niveau le plus haut, un peu plus d'une source sur 100. Les réseaux sociaux, eux, restent sous une source sur 100. Pourquoi ces catalogues sont cités tout court, nous l'avons détaillé dans notre article sur G2 et Trustpilot.

Ce que ce test ne dit pas

  • Rien sur l'allemand : aucune question en allemand dans l'échantillon.
  • Rien de fiable sur l'espagnol : 66 réponses de Claude, c'est une anecdote.
  • Rien sur l'application Claude : autre modèle, autres consignes.
  • Rien sur les raisons : compter les domaines dit où Claude a regardé, pas ce qu'il y a trouvé de convaincant.
  • Rien sur une tendance : ce sont des totaux sur dix mois, pendant lesquels les assistants ont changé.

Le test se refait à la main : cinq questions d'acheteur par langue et par marché, posées à Claude avec la recherche web activée, puis les sources rangées en colonnes (votre site, les concurrents, les annuaires, la presse spécialisée, le reste). PSentry fait la même chose sur ChatGPT, Claude, Gemini et Perplexity, deux fois par mois, par langue et par marché, et conserve les sources utilisées par chaque assistant. Il montre où Claude a regardé. Il ne peut pas faire en sorte qu'il vous regarde.