Domaine .fr ou .com : quels sites citent les IA

Domaine .fr ou .com : quels sites citent les IA

Nous avons trié les sources de 17 719 réponses d'IA. En français, le .com reste devant et le .fr pèse à peine un tiers. En italien, c'est l'inverse.

Le 20 octobre 2026, nous avons exporté toutes les sources collectées par PSentry depuis le 13 décembre 2025 : 17 719 réponses de ChatGPT, Gemini, Claude et Perplexity, soit 166 524 liens. Nous cherchions à savoir si un assistant qui consulte le web pour répondre à une question d'achat cite plutôt un domaine .fr ou un .com, et si la langue du prompt change la donne. Elle la change. Mais pas dans le sens qu'un exportateur français pourrait espérer : en français, le .com reste devant, et le .fr ne pèse qu'environ 30 sources sur 100.

Pour chaque réponse, nous avions la langue du prompt, l'assistant et les URL des sources citées. Nous avons classé chaque domaine dans l'une de trois cases : .com, domaine national de la langue, tout le reste (.org, .eu, .net, autres pays). Voici ce que le décompte a donné, et ce qu'il ne permet pas d'affirmer.

Domaine .fr ou .com : en français, le .com garde la main

Les réponses en français renvoyaient à 52 428 sources. Sur 100, 54 étaient en .com et environ 30 en .fr. Aucun des quatre assistants ne fait passer le .fr devant :

  • ChatGPT : 37 sources sur 100 en .fr, 48 en .com.
  • Claude : 36 en .fr, 51 en .com.
  • Gemini : 30 en .fr, 56 en .com.
  • Perplexity : 23 en .fr, 57 en .com.

Perplexity est celui qui s'éloigne le plus du domaine national. C'est aussi celui qui puise dans le plus grand nombre de domaines : 5 689 domaines distincts en français, contre 1 377 pour ChatGPT. Plus de domaines, c'est vraisemblablement plus de sites internationaux, et donc un .fr dilué. Nous ne l'avons pas vérifié domaine par domaine : c'est une hypothèse.

Autre écart à connaître avant de lire ces chiffres : les assistants ne consultent pas le web avec la même régularité. Claude cite au moins une source dans 97 réponses sur 100, Perplexity dans 94, Gemini dans 56, ChatGPT dans 44.

Le français ne s'arrête pas à la France

Un prompt en français ne dit pas de quel pays il parle. Il peut viser un acheteur à Lyon, à Bruxelles, à Genève ou à Montréal, et le domaine national attendu change à chaque fois. Notre décompte n'isole que le .fr. En ajoutant tous les domaines nationaux de l'Union européenne, la part locale passe de 30 à 32 sources sur 100 : les deux points d'écart viennent d'autres pays de l'UE, dont on peut penser qu'une partie est belge ou luxembourgeoise, mais nous ne les avons pas détaillés. Le .ch et le .ca, eux, tombent dans la case « reste ».

Pour une entreprise française qui vend en Belgique ou en Suisse, la conséquence est pratique : mesurer « en français » ne suffit pas. Il faut des prompts qui nomment le marché, et regarder quels domaines nationaux remontent pour chacun.

L'italien et l'anglais, aux deux extrêmes

Le français se situe entre deux cas nets. En italien, environ la moitié des sources sont en .it, et trois assistants sur quatre dépassent 55 sources .it sur 100. En anglais, 75 sources sur 100 sont en .com et le .uk tourne autour de 5.

La règle qui s'en dégage tient en une phrase. La langue du prompt rapproche les sources des IA des domaines nationaux, mais l'ampleur dépend de la langue et de l'assistant. En français, ce rapprochement existe sans renverser la domination du .com.

Ce que l'échantillon ne permet pas de dire

  • Les prompts ne représentent pas le web. Ce sont ceux que suivent les clients de PSentry, surtout des services B2B et des fournisseurs industriels.
  • Langue et marché vont ensemble. Un prompt en français porte presque toujours sur le marché français : impossible de séparer l'effet de la langue de celui du pays.
  • Un domaine n'est pas une nationalité. Beaucoup d'entreprises françaises ont leur site principal en .com. Nous avons compté des domaines, pas des propriétaires.
  • Ce sont des réponses obtenues par API. Les applications grand public peuvent se comporter autrement, et nous n'avons pas mesuré l'écart.

L'allemand n'apparaît nulle part : aucune réponse du corpus ne vient d'un prompt en allemand. L'espagnol compte 259 réponses, trop peu pour conclure.

Ce qu'il faut vérifier sur votre marché

Passer en .fr ne fait citer personne. Le domaine est une étiquette : l'assistant cite des pages qui répondent à la question dans la langue de l'acheteur. Ce que le décompte justifie, c'est une habitude : quand vous mesurez un marché, regardez de quels domaines viennent les réponses, pas seulement si votre nom apparaît.

  • Pour chaque marché, relevez les domaines cités en réponse à vos questions d'achat, et comptez les nationaux, les .com et les autres.
  • Vérifiez si vos propres pages dans cette langue en font partie, et sur quel domaine elles se trouvent.
  • Notez les sites locaux qui reviennent : presse professionnelle, fédérations, annuaires régionaux. C'est là que l'on parle des fournisseurs dans ce marché.

Dans PSentry, la vue des sources liste, langue par langue, les domaines utilisés par chaque assistant pour les prompts que vous suivez, avec deux analyses par mois. Elle montre d'où viennent les réponses, sans les modifier.

Si vous n'avez pas encore choisi dans quelles langues mesurer, ce choix passe avant celui-ci. Et si vos sources sont surtout des plateformes d'avis, ce n'est pas un hasard.